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A space to be" On ne va jamais aussi loin que lorsque l'on ne sait pas où l'on va " C. Colomb |
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Merci de votre visite !
Mimiwrote:
En pélégrination je me suis arretée sur ton site... c'est très festif.. et les voyages formidables de le faire bravo bonne semaine
amicalement ...
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June 16
Francine Girofléewrote:
![]() Une belle soirée, une bonne nuit
et de beaux rêves
Amitiés, Giroflée xxx
May 28
-wrote:
![]() bon week end
May 16
frederiquewrote:
Une jolie balade vers chez toi - je repars avec le sourire : MERCI !!!!!!
May 5
POPPYwrote:
Hi ! Caroline...
Bonne semaine !
Mar. 29
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July 04 L'argent ne fait pas le bonheur ??... On a beau avoir des millions sur ses comptes en banque, 3 bateaux de rêve, faire le bonheur des petits et des grands avec son industrie bonbesque, il n'en reste pas moins qu'on peut avoir des soucis... Des soucis de vent. Pas de vent dans les Cyclades pour leur week-end de kite ?? Qu'à cela ne tienne. Les deux frangins appellent leur pilote, check sur windguru où ça souffle, et, et...ils y vont d'un coup de jet. Du coup, pour nous, 2 jours de boulot, pas fatigants pour un sou, et repos. Retour à Mykonos. Je ne vous fait pas le tableau, mais c'est vraiment, vraiment cool. Pas de stress, baignades, balades. Demain, je visite l'ile en quad, gracieusement loué par leurs majestés. Quand je pense à mon chéri qui rame, j'ai honte de dire tout ça. T'inquiète pas mon ange, d'ici, deux mois, on sera tous les deux, et on en chiera ensemble. Enfin, pas trop quand même, car d'ici là, j'aurais pris le rythme... Nana July 01 Va te faire voir chez lez Grecs... Un mal pour un bien. C'est ce qu'on dit, n'est-ce-pas ? Et me voilà, dimanche matin, aéroport de Barcelone. Direction Athénes. Tout est allé vite. On m'a proposé d'embarquer sur un voilier mor-tel !! Faut pas me le dire deux fois. Et me voilà, 3 heures plus tard devant mon nouveau bureau...Un Wally 80 au Pyrée. J'en crois pas mes yeux. Je vais bosser là-dessus. J'ai troqué deux coques pour une plus grande, et le blanc pour le noir. Voilier tout en carbone. Le hic, c'est que je ne partage pas tout ça avec mon chéri. J'ai aussi troqué mon capitaine pour un Australien. Très sympathique pour le moment. Poli, bien élevé, pas alcoolo. Je paye pour avoir eu un trop plein de caractère... Je ferais avec. Je vais écrire tant que je peux. Donner des nouvelles comme je peux. Et lui téléphoner chauqe jour, parce-que ça ne peut pas être autrement. Donc, me voilà à rencontrer un nouvel équipage. Mon capitaine, John, le marin Nemo ( c'est même pas un pseudo !!), et Jim, un second marin qui nous suit avec une annexe disons...un yacht. Le Wally tender. Juste pour emmener notre propriétaire à terre, ou faire du kite, ou je ne sais quoi d'autre...Oui, là, j'ai changé de monde, celui des millionnaires. Je n'en dirais pas plus, juste que les bonbons, bons, et bien vendus, et ben, ça rapporte. Direct, je prends mes marques. Petite balade le soir à l'Acropole ensemble. On verra pour le boulot demain. Lundi 29/06 Séance shopping alimentaire. Aucun budget. Je veux dire illimité... Et puis, je m'organise. Mercredi, départ pour Mykonos. Et jeudi, je rencontrerai pour la première fois my shipowners suisses. Et oui, sur Aori, on parle Anglais, rien d'autre. Mercredi 1er/07 A Mykonos depuis 14h, dans une petite baie pour gens très très riches. La vie s'organise. Mon chéri me manque. Tout ce que je fais, c'est pour nous. J'apprends d'autres choses avec d'autres marins. Et bientôt, on sera de nouveau ensemble, rien qu'ensemble. Demain, direction Paros. Réception de tout ce petit nouveau monde. Les trois fréres de la confiserie. Dès que possible, je glisse un billet pour annoncer la couleur. ![]() ![]() De l'eau sur le pont... Lundi 15/06. 19h Départ de Toulon pour la Corse. Après une semaine mouvementée, où chaque jour a été vécu dans la plus complète désorganisation. Le PDG à bord. Réception d'amis. D'amis d'amis, cocktail avec le TO, sorties en mer impromptues. Séances photos de 9 heures, diners à l'improviste, où l'on vous annonce à 20h que 8 personnes viennent diner alors qu'on aspire à rien qu'une petite soirée tranquille. Enfin seuls, entre Corse et continent, on revit quelques heures. Mardi 15h. Propriano Campo Moro nous accueille. Beau mouillage, cool pour la nuit. Si la vie pouvait être ainsi faite... Mercredi 17/06. Solenzara Tau Ceti accueille pour la première fois son petit frère Littré. Demain, début du premier charter avec des clients. Encore une fois le PDG nous prend pour ses esclaves. Trop pour moi. En bon sagittaire, je ne lui décoche pas une flèche...mais je rue. Poliment bien sûr, on m'a bien élevée...ça passe mal. Il insiste ne comprenant pas qu'à cette heure il faut faire les derniers préparatifs pour la croisière. Lui compte me faire recevoir 50 personnes, alors que mon bateau est impeccable, prêt à partir. Sans moi. Je décide de débarquer à contre coeur mais je ne veux pas passer une saison à me faire trimballer. Je suis free-lance, rien ne nous lie. J'ai beaucoup, beaucoup pleuré. Je ne veux pas quitter mon capitaine, qui a un meilleur rôle, celui de l'homme de ma vie. Je ne l'ai jamais vu si triste. Bien des larmes ont coulé sur le pont. J'ai mal au coeur. La messe est dite.Je ne peux pas revenir en arrière. Certains vont plaider ma cause. Sans succès. Je suis parfaite dit-il, mais trop de caractère. Non !! Je n'en ai pas trop. Baisser ma culotte chaque jour en souriant me déplait. Je ne suis pas corvéable à merci. Nous sommes déchirés de nous quitter. On ne se quitte ja-mais. On s'aime éperdument. Mais je n'ai pas trop alternative que de quitter Sylvain, provisoirement, qui lui a un contrat qui le tient. Jeudi 18/06 Alors qu'un cocktail pour 50 personnes s'organise sur le bateau que j'ai préparé avec tout mon coeur pendant un mois et demi, et que seulement 4 pasagers vont arriver pour passer une semaine de vacances dans ce marasme ambiant, je suis à bord du Jean Nicoli, navire de la SNCM qui me raménera cette nuit sur le continent. Quel gachis, je suis très très malheureuse. J'y suis peut-être allée un peu fort., mais je ne peux pas rester sans rien dire. Dire qu'une semaine plus tôt, le capitaine voulait qu'on s'en aille parce-qu'il n'en pouvait plus pour les mêmes raisons, et que je l'ai raisonné en lui disant d'être patients... Tout ce temps passé pour en arriver à quitter Littré le jour de son premier charter. Le plus terrible est de ne pas être aux côtes de celui que j'aime. 2 jours à pleurer, à culpabiliser. Je le vois encore sur le quai alors que je m'éloigne. J'ai espéré pouvoir revenir rien que pour le retrouver et faire ce pourquoi nous sommes venus ici, vivre de ce qui nous unit. Je me retrouve comme une petite fille à pleurer dans les bras de mon père. Tout le monde m'entoure, et est solidaire de ma décision, ça me réconforte. Je reprends vie. Sylvain doit continuer son contrat. Je me suis fait une raison. On doit tenir 2 mois. Je re-pleure... Voilà où j'en suis aujourd'hui. Surpris, hein ??? Et ben , c'est pas fini !! J'ai laissé des CV partout, répondu à des annonces. Je cherche quelque chose pour m'occuper. Je dois bosser. Je ne vais pas rester là à rein faire, qui plus est à 8 000kms de chez moi. Du moment qu'on m'embarque sur un bateau comme équipier, je suis partante. Mais je dois êter vigilante, y'a des farfelus. Comme celui qui est ok, mais qui veut quand même une photo de moi. Bien sûr...Y'a des sites pour les rencontres !! J'ai ce qu'il me faut. Bon, ok, pas sous la main, mais je n'ai pas besoin d'un sexagénaire pervers qui veut me montrer son gros bateau... Dpnc, je cherche. Où le vent va-t-il me mener ??? Tout de même une bonne nouvelle. Dès septembre, je retourne sur les bancs étudier et passer mon brevet de capitaine. Attention les mecs, je reviens !!! Nana June 15 Drôle de pêche... Oups !!! Déjà le 15, et pas un mot. Que tout le monde se rassure, on ne bronze pas. Non pas que le temps ne soit pas enfin ce qu'il devrait être à cette époque. Rien à dire là-dessus. Mais, on bosse, et plus trop le temps de rêvasser à mes écrits. Nous sommes encore à Port Pin Rolland pour quelques heures. On largue ce soir pour rejoindre la terre promise...Mama Corsica. Mais, je n'en ai pas pour autant délaissé mon sens de l'observation. Et certaines activités varoises me semblent étonnantes. Comme, comme...la pêche dans le port. Il y a pourtant des centaines de kilomètres de littoral, et pêcher du bord ne représente pas de difficulté majeure. Alors pourquoi font-ils ça ?? Grosse interrogation. Je les ai bien regardés, s'obstinant à tremper leur ligne entre les bateaux sagement rangés sur le quai. Que savent-ils des eaux portuaires ?? Juste les carburants et huiles diverses allez-vous me dire. Et bien certainement qu'ils n'ont pas le chapitre eaux usées qui s'écoulent librement, après filtrage, bien sûr, mais quand même. L'idée de me régaler d'un poisson qui aurait fait un festin de mon plat de la veille me passe l'envie. Pas à eux. Je sais ce que vous allez dire encore une fois. On ne fait que polluer alors que l'on prône la liberté d'avancer au souffle du vent... Je vous glisse la preuve. Je n'ai pas résisté à figer ces pêcheurs oncologues qui se livraient sous mes yeux à ce loisir bien pervers... June 09 Suite... Mardi 11h45 L'atterrissage à Gibraltar s'est fait à l'heure estimée. Basile est déçu...Il voyait le rocher plus petit. Et puis surtout, c'est bétonné. L'entrée dans le port cerné de navires de commerce a secoué Littré. C'est finalement la première fois depuis le départ. Dans la marina, bien abritée, on accoste au ponton gasoil pensant rester au pire 30mn. On ne fait pas les formalités douanières. Pas le temps de faire du tourisme. On ne mettra pas pied à terre. 1 000 litres plus tard, il s'est passé 4 heures. On est finalement abrutis par le soleil qui plombe, notre fatigue et l'attente interminable du remplissage des tanks. Un problème de fuite et d'air dans les réservoirs empêche une manoeuvre rapide. On en profite pour faire les beaux sur notre gros bateau avec une petite dinette au soleil. J'en profite aussi pour me lier d'une amitié toute intéressée avec nos deux pompistes Espagnols très sympas, qui, toujours selon Basile, ont plus des looks d'Italiens avec leurs solaires Armani et leurs cheveux gominés que d'Ibères. Ils sont devenus tellement mes amis que je leur fait de l'oeil pour nous débarrasser de nos 5 poubelles... Même topo en sortie, on se fait bien remuer par la houle de face. Littré se fraye un chemin entre les monstres, et on laisse Gibraltar derrière nous sans regret, j'ai déjà oublié mes nouveaux amis... Cap au 80°. D'ici 2 bonnes heures on devrait croiser moins de navires. Cette nuit-là sera longue est fatigante pour nous 4. A part des dauphins joyeux et 2 ou 3 navires, on luttera pour ne pas s'endormir. Notre quart de 6h00 sera célébré par des crumbles aux pommes mitonnés, toujours par Basile, nouveau coq du bord. On occupe les nuits comme on peut, souvent le temps est long. Il a une forte personnalité malgré ses 20 ans. En 2ème année de médecine, il souhaite finalement devenir sage-femme, car il dit préférer faire sa médecine pour voir les gens vivre plutôt que mourir. Sage... Emilie, elle, est très discrète, réservée. Dans son monde. Mais parle un peu plus qu'au début. Jamais plus de 3 mots à la suite, une fois par jour. Elle passe beaucoup de temps à bouquiner dans son coin. Master en génie mécanique. Mécanique des fluides, air et eau à mon avis.Pas les fluides volatiles du verbe. Voileuse solitaire.Je me renseignerai plus tard sur le net pour apprendre en quoi ça consiste réellement. 9h30, au large d'Almeria, 36°34' N/ 02°35'W. Plus tard, au large d'Alicante, on passera le méridien 0° Jeudi 04/06 Quart de 6h00. La journée d'hier fut belle et riche en rencontres. Grand soleil, douceur de l'air. En fin d'après-midi, seule sur le pont, j'aperçois sur tribord, à une centaine de mètres, un banc de globicéphales noirs. J'appelle le reste de mon petit banc à moi, tout juste réveillé de la sieste. On les observe pour finalement faire demi-tour sur eux et voir leur réaction moteurs coupés. Merveilles des merveilles, ils viennent carrément contre les coques. Ils sont au moins une trentaine entre 4 et 6m de long. Spectacle magnifique qui nous laisse 20mn comme des gamins à leurs côtés. On les écoute, et bien sûr, on met tout ça en boite, de concert... Chacun y va de son appareil. Images animées ou fixes. Ils restent contre le bateau, mais nous devons faire demi-tour à regret pour poursuivre. Diner. Poulet au lait de coco, pommes de terre vapeur. Mise à mort du crumble, notre façon de saluer une nouvelle fois le folklore Espagnol...Tout ça sous le soleil qui décline. La nuit peut commencer. On se réveillera 30mn avant minuit pour corriger notre route après la pointe au nord de Cartagène. Cap au 45° pour filer à l'ouest d'Ibiza et à l'est de Valencia. Le capitaine veillera une bonne heure de plus à cause du trafic du rail. Ce matin, je suis donc seule, bien tranquille à scruter la mer et écrire. Ciel légérement brumeux, mais il fait très bon. Je rêve avec mon café, et je me dis que je vivrais bien la vie comme ça. Malheureusement, toutes les bonnes choses ont une fin, et on estime notre arrivée à Toulon pour samedi 8h00. Il faut profiter de ces belles heures de liberté qu'il nous reste avant la terre. 8h00. Mon capitaine chéri me rejoint encore tout ensommeillé. Dans une heure, avec de la chance, Basile et Emilie nous remplaceront. Basile me rejoint pour son quart. Le capitaine se recouche. Emilie pointe son nez pour retourner au lit nous voyant dispos à tenir ces 3 heures. On reste près de 4 heures sur le fly bridge à papoter bercés de musique, de soleil et d'une belle mer. La faim nous fait descendre. Le capitaine fera la veille. Emilie ira respirer le bon air marin. Nous, on se cale une petite sieste. La journée passera ainsi avec le beau temps. La brume côtière masquera les Baléares. On croisera les navettes et quelques gros navires. Pour le reste, calme plat Vendredi 05/06 Les deux premières heures du quart de 6h00 seule. Le jour est déjà levé. On s'est bien décalé nord-est. Routine du matin. Point sur la carte, direction et vitesse du vent, état de la mer, vitesse moyenne des 12 dernières heures, cap. Tenue du journal de bord. Café en plein air. On ne devrait pas rencontrer âme qui vive sur cette route. Loin des rails et des côtes. Et pourtant, certains viennent se planter droit devant nous. Un cargo d'abord. Puis, juste après 8h00, heure de lever de mon chéri, un cachalot énorme décide de remonter devant l'étrave, à une vingtaine de mètres, pour heureusement sonder aussitôt. Bons pour une belle trouille. Les accidents de ce genre arrivent, mais rarement, et c'est vraiment pas de chance quand on y pense. Sinon, le show des dauphins a repris après 2/3 jours de trêve. Et pour le coup, ils se font excuser en nous donnant le meilleur d'eux-mêmes. Pas mal d'ailerons viendront aussi nous approcher. Des poissons lune dont je ne connaissais pas l'existence. Drôle de bêtes. Je me demande encore comment ils nagent. 10h30, sieste d'une heure. A 12h30, de nouveau de quart, alors que je suis en train d'écrire ce billet dans le carré, un nouveau cachalot, cette fois sur tribord et tranquille, me fait surgir à l'extérieur en alertant les autres comme une sauvage. Sylvain débraye les moteurs. On se laisse doucement aller sur notre erre. Il passe devant nous, à une dizaine de mètres, sans ciller. Et la journée s'étire. La dernière. Dernière nuit de quart, et, au petit matin nous serons dans la rade, peu après 5h00. Nous avons devisé sur la minute d'arrivée au passage du feu du cap Cépet de Saint Mandrier. Chacun y est allé de son pronostic. Emilie ne parle pas pour ne rien dire...5h11...à la minute près. Chapeau bas. On trouve une place pour Littré en attendant de joindre plus tard la capitainerie. Grand calme dans le port. Samedi 06/06 8 jours et 14 heures pour ces 1683 milles nautiques. Vitesse moyenne, 8,33 noeuds. Aucun souci majeur. On a bien marché, même si le ronron des moteurs s'est fait entendre presque perpétuellement. Silence à bord. Repos. Fin des activités. June 07 Journal de bord Jeudi 28/O5 15h45 Dans le chenal, cette fois, pour le départ. Soulagés et contents de partir pour 10/12 jours de mer qui nous méneront à Toulon pour une escale technique. Très beau temps pour s'échapper, de l'air pour nous pousser. Tous les quatres sur le pont, le capitaine, nos 2 équipiers compagnons d'aventure, Emilie et Basile, et moi, regardons la côte s'éloigner. On ne se connaissait pas 24 heures plus tôt. Une annonce sur le net, et ils ont remplacé au pied levé ceux qui devaient faire le voyage de départ. Nous y avions perdu notre patience et nos équipiers avec ce retard. Nos deux retraités se sont transformés en deux étudiants, masterisés, voileux. Bonne pioche. Sympas, drôle, sérieux, calmes et avec de l'expérience. Premier diner en mer. Les quarts sont organisés en binômes, toutes les 3 heures. Un peu d'air, mer belle. Le vent devrait se renforcer dans la nuit. On attaque la descente. Golfe de Gascogne, CC 230°. Etonnament, on ne croise pas grand monde. Pour ne pas dire personne. Comme prévu, le vent s'est levé, Littré file, voiles dehors. Vendredi 29/05 12h00 On passe au large de Royan. On a parcouru 166 Milles depuis le départ avec une vitesse moyenne de 8,5 noeuds. ( 1 Mille =1 noeud = 1852m ). La journée file normalement, alternant, veilles, siestes. La vie de bord. Le vent est toujours là. Encore trop frais. On se caille. Vestes de quart, bonnets ou capuches, on regarde vers le sud, souhaitant meilleur. A minuit, face à l'Espagne. 108 M de plus depuis le dernier point. Le vent est tombé. Il fait bon. Le golfe de Gascogne ne nous aura pas éprouvés. Les dauphins viennent nous faire le spectacle régulièrement dans l'étrave. On s'évertue à capturer les sauts. Y'a pas plus dur à photographier que les dauphins. On en tient quelques bonnes tout de même. Vers 5h30, on tombe dans une bonne brume épaisse. Sur le pont pour notre quart de 6h00, veille intense. On ouvre les oreilles. On s'enfonce de plus en plus dedans. Pourvu que ça ne dure pas 3 jours. Avec mon chéri, on reste assis, muets, sans bouger sur le fly, couverts d'humidité. On ne rencontrera heureusement qu'un seul navire, mais quel navire...Sa corne nous l'a fait chercher dans le brouillard jusqu'à ce qu'il surgisse comme un immeuble sur notre babord dans une mer aussi plate qu'on aurait dit une flaque de goudron gluant. Impressionnant. A 10h00, on passe à 28,5M de la Corogne. La brume ne se levera qu'une fois le cap Finisterre passé, en milieu d'après-midi, laissant la place à un grand ciel bleu et de l'air tiède. Un bon diner au soleil nous attend, et on ira se coucher pour être d'attaque pour notre quart de minuit, où l'on franchira le Portugal. Dimanche 31/05 Le réveil nous rappelle que nos 3 heures de repos sont passées. Je me lève direct, sinon, je me rendors. 6h00. Basile et Emilie ont vu les lumières de Porto et toujours les dauphins, rien d'autre. On discute 10mn et ils vont dormir. J'ai vu le dernier navire de la nuit à 21h, un bateau hydrographique, et le premier ce matin à 8h00, un pétrolier. Pas de trafic. C'est quand même plus tranquille. On se met de la musique, où un film avant que le jour ne se lève, c'est quand même plus tranquille à l'intérieur. Le capitaine se traine, ou plutôt se contorsionne dans les cales moteurs. Premières vidanges. Il va encore être propre... Beau temps, mer peu agitée. Plus de vent. La moyenne baisse, mais le bateau marche bien. On estime toucher Gibraltar mardi en fin de mâtinée. Lundi 1er JUIN La descente du Portugal n'en finit plus. La nuit dernière nous a offert des rencontres. Pas trop de navires croisés jusqu'au rail de Lisbonne, puis, notre quart de minuit a été occupé. On a même croisé un sous-marin. Et ouais, sont pas toujours sous l'eau !! Littré a beau être gros, il est ridicule face à ce trafic. Pour le moment, on n'a vu que 4 autres navires de plaisance, très au loin. Sinon, toujours les dauphins, souvent nombreux qui nous accompagnent un moment. Pas mal d'insectes viennent se faire une pause. On a même eu le privilège d'héberger quelques heures un pigeon voyageur. On cape désormais au 110°, vers Gibraltar. D'ici une heure, on en aura fini du Portugal. Place à la paëlla !! D'ailleurs, elle sera à notre menu de ce soir. On fait dans le folklore local. Le capitaine va-t-il nous jouer des castagnettes ?? A voir... Vers 21h00, fin de notre quart. Dodo, dans 3 heures, on remet ça. A 3h00 la relève, et on reprendra à 6h00 dans la nuit fraiche, espérant les premiers rayons de la grande chauffeuse avec un café bien chaud. Même si ce matin, on a attaqué dans une petite brume, le ciel s'est déchiré vers 14h00, et on s'est tous laissé aller au soleil. N'y voir aucun sous-entendu... J'espère que cette nuit nos acolytes se réveilleront à l'heure, car le quart de 3h00 comme celui de 9h00 leur donne du mal... Mardi 02/06 Le quart de 3h00 leur donne vraiment du mal. Cette fois, on n'attendra que 30mn, avant de se résigner à frapper à leurs portes. Temps perdu sur notre temps de sommeil...Mais, tout va bien, on se cale des petites, voir des grosses siestes dans la journée, et c'est reparti. Et puis, on est tellement bien au large. Tranquilles. La suite est prête, illustrations comprises, servies plus tard... Nana May 25 Week-end mondain... Début de semaine chargé en travaux divers. En compensation de notre labeur, nous sommes sortis tout le week-end avec le directeur du chantier. La Trinité, Port Haliguen... Champagne du matin au soir, grands vins, canapés, petits fours. Cannes sur l'Atlantique !! De quoi se donner du coeur à l'ouvrage. Allez, je ne tarde pas. C'est parti !! Nana May 24 Le cata galère... Semaine de merde... Lundi 18: Jour de mise à l'eau de Littré. Un convoi exceptionnel vient l'emmener jusque dans le slipway dans la nef d'à côté. Enorme manoeuvre pour si peu de mètres. Le cata se retrouve à l'eau, là, où naguère..45, flottaient les sous-marins. On vérifie les coques pour s'épargner les voies d'eau. Hein, hein...Littré n'aime pas l'eau. Pas pratique pour un navire... Illico, presto, l'élévateur le remonte. Il se retrouve à nouveau sur berres, et c'est reparti. On l'étanchéifie. Il reposera là 24h, le temps de sécher. En attendant, vos deux marins, nous, se retrouvent avec leurs bagages de 6 mois de galère en métropole à 3 mètres de haut. Tau Ceti a pris la mer ce matin. Plus de pied à terre. Plutôt un pied en l'air, où de toutes façons, on ne pourra pas dormir. On se dégote un de ses matelas tout neuf stocké sur le chantier, et on se trouve un squat pour la nuit dans un coin des hangars chauffé. Douche froide...Donc...Pas de douche. La boite nous a laissé la voiture de société. On pourra au moins se faire un resto. La voiture est bizarre. On a quand même le temps de manger, avant de rentrer et de tomber en panne d'essence...Et oui, la jauge ne fonctionne pas. Fallait le savoir !! Le capitaine est bon pour pousser mon carosse. Putain de journée. On s'en fout, on s'aime !! Faut s'aimer un minimum pour supporter des situations pareilles !! On se couche, bien serrés. Avant de m'endormir, je me demande si je ne dois pas consulter un marabout Sénégalais pour nous faire désenvouter...Je me demande qui peut nous vouloir du mal à ce point ??? Réveillés aux aurores par la lumière et un bon mal de tête dû aux odeurs de résines et de colles, on se lève malgré tout, malgré nous... Pas de café, rien à manger, ni à boire. Pas de voiture pour se prendre un petit noir au comptoir. Pas d'eau chaude...Encore une bonne journée. Le vent est bien tombé. Il fait encore froid. Trop pour nous. Question du jour, Littré sera-t-il étanche aujourd'hui ? Quelqu'un aura-t-il pitié de nous ? 10h00. Remise à l'eau. Tout semble bien aller. Fluctuat nec mergitur. Comme on a perdu du temps, beaucoup...mâtage dans la journée !!... A 18h00, Littré est à sa place dans le port de la base sous-marine de Lorient. Ponton "Course au large", ça le fait. Trop la classe. Peyron me dit bonjour avec un grand sourire comme si c'était un ami de 30 ans.Plus loin, tu serres la patte folle d' Elyès. Encore une fois, les heures sont passées sans s'en rendre compte. Les journées sont trop courtes. On tente de ranger un max...en évitant les caisses à outils. 23h00. On se couche, revannés, soulagés, enfin seuls. Demain, la valse des électriciens, mécaniciens, menuisiers et autres reprend dès 8h00... J'en rajoute si je dis que, bien évidemment, on n'a pas encore d'eau à bord, et même pas de la froide. Lendemain, toujours ce froid qui me dit de rester sous la couette contre mon chéri. Seul endroit chaud à des lieues. Ce matin, c'est Noël. Je nous prépare de bons vrais cafés à l'eau minérale dans la machine de George Clooney. George n'est pas là pour servir...Dommage. Cette feignasse doit se prélasser à Cannes pendant que nous on galère...Je le remplace efficacement. Faut prendre des forces. On a encore des tonnes de choses à faire. Plus le temps court, plus la liste s'allonge. Chaque journée a sa part de contrariétés, soucis et difficultés. On rame grâve. Jeudi, Littré sera ressorti de l'eau. 2h00 de travaux, puis, il reprendra sa place au ponton. Je ne vous parle pas de vendredi. Pas mieux. Samedi matin. Sortie essais, direction Belle-île...On a une bonne excuse pour lever le pied...toujours par-dessus les caisses à outils qui traînent entre le carré et le cockpit. Le soleil est là. C'est pas les tropiques, mais ça s'améliore. Si on ne se retrouve pas en panne au large de Quiberon, nous serons de retour dimanche. J'oubliais. Je me retrouve avec 5 hommes pour le week-end. Rien que ça. Moi qui ne rêve que de me retrouver tranquille avec un seul, le mien. Bon, je vous ai épargné bien des choses...Parce-que vous vous demanderiez pourquoi je ne me suis pas encore donnée la mort par hypothermie dans la rade de Lorient... Je pense pouvoir tenir encore un jour ou deux avec ses emmerdes. Après, je ne rêverai pas de l'eau glacée de l'Atlantique, mais de MA mer des Caraïbes. Je charge l'album photo ad hoc. May 17 Un jour de gloire... Le confort des palaces...Rêvons un peu alors qu'un vent glacial souffle sur Lorient. May 16 My Brittany love !!! Toujours à quai à Lorient. Du neuf ? LITTRE ( prononcez Littré, du nom du fameux lexicographe). Puisque c'est le petit nom notre bateau, ne me demandez pas pourquoi, j'ai beau tourner et retourner ça dans ma tête,je ne trouve pas le rapport à la mer. Si quelqu'un a une idée là-dessus... Depuis 2 semaines, on s'occupe de Tau Ceti et on s'organise donc pour Littré. On a déjà perdu beaucoup de temps. Dire qu'on pensait partir le 17 mai...Où avions-nous la tête ?? Donc, Littré ne sera mis à l'eau que lundi. 2 jours encore. S'il ne s'éclate pas en deux dans l'élévateur (23 tonnes, beau bébé), on posera nos affaires dedans lundi après-midi, et ensuite, on enchaine. Du taf, du taf, du taf...Equiper, équiper, équiper. Charger, charger, charger. Tout tester en espérant ne pas avoir de mauvaise surprise. Lui rôder les moteurs, peut-être le sortir un peu, et enfin quitter le Morbihan. Ce n'est pas que l'on ne soit pas bien ici, mais on se sent quand même engoncés à dormir en veste de quart...On rêve de pouvoir vivre normalement sans avoir la goutte au nez, la chair de poule et les oreilles violettes. Cette expérience m'a révélé des évidences. Pourquoi les Bretons mangent-ils tant de beurre ? Simplement parce-que ça remplace la graisse de phoque. Ici, ton corps dépense tellement de calories pour se réchauffer que tu peux manger sans problème le beurre à la cuillère. Voilà l'explication !! La vache est au Breton ce que le phoque est au Lapon !! Elle lui délivre la matière grasse indispensable à sa survie. En fait ici, c'est trop cool. Tu peux te gaver de gras sans qu'il ne te pèse au cul. Tu beurres le Kouign Amann de 1/2 sel, of course, faut pas déconner, et ensuite, tu tartines de nutella. Tout ça tiéde, bien sûr, et normalement, tu as 2 heures de bonne autonomie active. Après, tu t'attaques aux galettes. Toujours beurrées, et couvertes d'andouille, bien chaudes. Et c'est reparti pour quelques heures d'énergie. Sinon, y'a l'option poissons gras fumés. Ou bien, la tuerie, la bonne bouillie de farine de sarrasin, lait et 250g de beurre 1/2 sel. Et là, tu as gagné une journée supplémentaire dans ta vie de petit être malmené par les éléments. Tu peux aller au lit en priant que demain te donne les calories nécessaires. J'ai pas encore parlé de la douche à bord...L'eau est chaude...certains jours. Mais, ça, on a l'habitude, sauf que chez nous l'eau froide, c'est salutaire. Ici, ça s'apparente à du masochisme. 2 heures de préparation psychologique, avant de te mettre à poil dans la cabine. Tu te lances. Entre dans la salle d'eau où il fait 8°. Tu prends une grande inspiration, et tu t'arroses le temps de tenir ton apnée...5 secondes. Et hop !! C'est bon, t'es propre. Bleu comme un schtroumph !! Tu attrapes ta serviette, glacée et encore humide de la veille. Tu te frictionnes vigoureusement comme si tu venais de faire une hypothermie. Après, ben, comme t'as encore froid, tu remets tes fringues encore tièdes de ta chaleur, et tu vas t'activer comme un bon diable à n'importe quelle tâche, pourvue qu'elle soit hyper physique. Et là, le sang recircule normalement. Le miracle de la vie !! Voilà pourquoi malgré mes 43kg, je me jette sur ce qu'il y a de plus lourd à porter et sur la plus grande distance !! Je manutentionne à m'éclater les muscles. Masochistes, je vous ai dit !! Bon, c'est pas tout ça, mais je vous laisse, je dois aller prendre ma ration de graisse. Je me suis refroidie à écrire, j'ai dû quitter mes gants !! Nana Kouign Amann |
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